Récemment, j’ai pris conscience que je n’avais pas acheté de vêtements neufs depuis une éternité. Ca c’est imposé tout seul au fil des informations que je recevais. Et du coup, je me suis dit que ça pourrait vous intéresser !

J’ai abandonné la fast fashion il y a déjà plusieurs années, depuis 2013 exactement. Le 24 avril 2013, l’effondrement du Rana Plaza, au Bangladesh, a causé la mort de plus de 1 000 personnes. Les victimes travaillaient dans des ateliers de confection textile, au service de nombreuses grandes marques internationales comme Mango ou Primark. Le matin même, on avait menacé ces ouvriers de licenciement car ils refusaient de réintégrer le bâtiment dont la vétusté avait pourtant été signalé la veille. En déplaçant la fabrication dans des pays en développement, les marques font le choix de faire des économies sur le dos des travailleurs et ferment largement les yeux sur les conditions de travail des ouvriers locaux. Avant d’être écologique, ma prise de conscience a donc d’abord été sociale.

Depuis j’ai découvert des chiffres effarants sur la pollution engendrée par cette industrie et sur le gaspillage monstrueux qui en découle. Et la consommation d’occasion s’est imposé petit à petit.

Le textile est une industrie polluante

Saviez-vous que le textile est la deuxième industrie la plus polluante au monde, juste après le pétrole ? Les chiffres varient de 3 à 10 % de l’émission mondiale de CO2 selon les études. Elle impacte également sur de nombreux autres facteurs : la consommation d’eau douce, le déséquilibre des milieux aquatiques suite aux rejets toxiques, l’impact toxicologique chez l’humain etc…

L’impact environnemental d’un vêtement est calculé en prenant en compte l’intégralité de son cycle de vie. C’est à dire la production/extraction des matières premières, la fabrication, le transport, la commercialisation mais aussi l’usage et la fin de vie.

Vêtements emblématiques, le T-shirt en coton et le jean présentent des chiffres très parlants. Un T-shirt présente en fin de vie une empreinte carbone de 10 kg, soit près de 40 fois son propre poids. Sa fabrication aura nécessité l’équivalent de 70 douches et il aura parcouru plus de 40 000 km. Côté jean, mon pantalon fétiche, c’est encore moins reluisant : 7 à 10 000 litres d’eau soit 285 douches et plus de 65 000 kilomètres parcourus… Et je ne vous parle pas des pesticides liés à la culture du coton, du pétrole nécessaire à la fabrication de nombreux tissus ou des colorants toxiques utilisés pour les teintures. Bref, le résultat écologique est dramatique.

Et en plus, on le gaspille !

Je ne suis pas parvenue à remettre la main sur la source de ce chiffre alors il est à prendre avec des pincettes mais si demain la production textile s’arrêtait, nous pourrions tenir 10 ans grâce à tous les vêtements déjà en circulation !

Ce qui est sûr, c’est qu’en 2016, le documentaire « Vêtements, n’en jetez plus! » donnait des chiffres édifiants :

  • 100 milliards de vêtements sont produits chaque année mais l’équivalent d’une benne de vêtements est jetée chaque seconde ;
  • l’équivalent de 114 € de vêtements jamais portés dort dans chaque foyer français et 60 % des français ont des vêtements qu’ils ne portent jamais ;
  • sur les 10 kg de vêtements achetés chaque année, un français n’en met au recyclage que 2,5 kg ;
  • jusqu’à récemment de nombreuses enseignes détruisaient en toute impunité les stocks invendus (heureusement, la loi contre le gaspillage interdit cette pratique à compter de 2022!).

En résumé, on pollue en produisant en masse du textile dont une grande partie finira incinéré ou enterré. Cela se produit au moment de la fabrication (chute de tissu, tissu défectueux), de la commercialisation (destruction des invendus) et de la fin de vie.

Ce qui me paraît fou, au delà du gaspillage de matières premières, c’est également le gaspillage d’argent, pas vous ?

Favoriser l’occasion

Petit à petit, j’ai donc préféré l’occasion au neuf.

Depuis 3 ans, mes vêtements et ceux de mes enfants sont en majeure partie de l’occasion. Et on essaie de réduire les garde robes au nécessaire. A vue de nez, ma garde robe est composée de 10 bas (jupes, pantalons, shorts), une dizaine de hauts (T-shirts et débardeurs), 4 chemises, une dizaine de pulls et gilets et 5/6 robes. A cela s’ajoute actuellement quelques pièces spécifiques allaitement qui me facilitent la vie. Je suis donc encore très loin des garde robes capsule qui me font rêver mais je progresse !

J’ai organisé la semaine dernière un vide-dressing à la maison avec quelques copines ayant la même morphologie que moi. Autour de gâteaux fait maison, on s’est échangé les pièces dont on ne voulait plus. C’est une bonne alternative aux bornes de récupération textile où je dépose habituellement mes vêtements pour qu’ils bénéficient d’une seconde vie. Pour acheter, je me tourne vers des sites en ligne comme Vinted ou sur des groupes d’échange locaux.

Acheter neuf en toute conscience

Je n’achète neuf qu’en dernier recours ou lorsque mon besoin est très spécifique. Depuis quelque temps, j’ai resserré les critères et souhaite favoriser deux choses : la production locale, française ou européenne, et le tissu issu de matière « propre ». Le plus long a été de me constituer une liste de marques respectant ces deux critères. Quand j’ai de la chance, j’arrive même à trouver des pièces sur Vinted (notamment de chez Astrid Préel ou Balzac Paris). Sinon, je passe directement par leur boutique. Cela va être le cas, par exemple, pour remplacer mon jean fétiche qui menace de craquer. Je vais donc me tourner vers la marque 1083 dont je trouve les modèles super et qui correspond à beaucoup de mes attentes.

Et avant toute chose réparer !

J’essaie autant que possible de réparer les pièces abîmées en changeant les boutons, en recousant une couture fatiguée ou en rebouchant tant bien que mal un trou trop voyant. Et quand ce n’est pas possible, je les dépose dans des bornes de récupération textile pour m’assurer qu’elles seront recyclées. J’essaie au préalable de récupérer ce qui pourrait me servir à d’autres réparations ou créations comme les boutons, les systèmes de fermeture…

Finalement je fais comme nos grand-parents qui gardaient leurs vêtements une éternité et en tiraient tout ce qu’il était possible d’en tirer par respect du produit et du savoir-faire.

Il faut dire aussi que jusqu’au début des années 70, la fabrication française de textile se suffisait à elle-même et les régions étaient spécialisées ici en soie, ici en laine, là-bas en vêtements, là-bas en chaussures. 750 000 personnes travaillaient dans ces nombreux ateliers et usines (contre 61 000 aujourd’hui). Et si on relocalisait ?

Abonnez-vous à la newsletter !