5 façons de protéger la biodiversité à notre échelle

On entend régulièrement qu’il est nécessaire de protéger la biodiversité, en déclin. Ici, on parle chute du nombre d’insectes, là disparition d’espèces. Dans quelles mesures pouvons-nous agir en tant que simple citoyen ?

A force d’utiliser certains mots, on finit par en perdre le sens. Alors pour bien commencer, redéfinissons ce qu’est la biodiversité. C’est l’ensemble des êtres vivants, le milieu dans lequel ils vivent ainsi que les multiples interactions des espèces entre elles et avec leurs milieux. La biodiversité est donc un système complexe qui permet la survie de toutes les espèces. Enlever un seul maillon et toute la chaîne s’en verra modifiée.

En France, la situation de la biodiversité est préoccupante. L’artificialisation des sols, le réchauffement climatique ainsi que les différentes sources de pollution exercent une pression sans précédent. Conséquences : les populations d’insectes et d’oiseaux chutent considérablement.

Si certains paramètres dépendent essentiellement de décisions économiques et politiques, certaines de nos actions peuvent aussi changer la donne et favoriser la création d’îlots de biodiversité. A l’occasion de la journée mondiale pour la biodiversité, voyons ce qu’il est possible de mettre en place à notre échelle.

Pour protéger la biodiversité, jardinez au naturel

L’une des principales sources de pollution des jardins individuels a longtemps été liée à l’utilisation massive de pesticides par les particuliers. Depuis 2019, les produits phytosanitaires de synthèse chimique sont interdits pour les non-professionnels. Pourtant de nombreuses bouteilles restent encore en circulation.

De nombreuses astuces permettent pourtant de jardiner au naturel et par extension de protéger la biodiversité en préservant de petits écosystèmes. L’idée est plus ou moins de reproduire ce qui existe dans la nature à l’état sauvage : pratiquer la rotation des cultures, associations de plantes, paillage des sols… Ca parait évident si vous possédez un potager ou un emplacement dans des jardins familiaux.

Mais ça fonctionne également dans une petite jardinière sur un rebord de fenêtre ! Dans ce cas, pensez aussi à varier les plantes pour éviter la diffusion de maladies et optez pour des engrais naturels comme le marc de café ou l’eau de banane.

Nourrissez la biodiversité

nourrir la biodiversité pour mieux la protéger

Justement en parlant de jardinière…Semez, plantez des fleurs mellifères partout où cela vous est possible. N’hésitez pas à remplacer quand c’est possible des plantes ornementales dénuées d’intérêt pour la faune locale par des plantes plus intéressantes pour les insectes. En manque d’inspiration ? Voici une petite liste de végétaux intéressants :

  • la jacinthe, le perce-neige, le crocus en fin d’hiver/début de printemps ;
  • la lavande, le coquelicot, la bourrache, la renoncule, la marguerite, le géranium, le bleuet en été ;
  • le dahlia, l’aster, le tournesol pour l’automne.

Dans la mesure du possible, choisissez-les bio ou semez-les après avoir récupéré des graines sauvages.

En assurant la nourriture des pollinisateurs, vous favorisez la reproduction des fleurs et donc l’enrichissement de l’écosystème. Mais cela permet aussi de renforcer toute une chaîne alimentaire : la présence de nombreux insectes assurera une nourriture riche et variée aux oiseaux par exemple.

Et petit bonus non négligeable, ces plantes vous permettront également de réaliser vos propres macérats.

N’oubliez pas l’eau

On l’oublie souvent mais insectes et oiseaux ont aussi besoin de boire. En cas de fortes chaleurs, pensez aux coupelles d’eau dans le jardin ou sur une fenêtre pour leur permettre de s’hydrater. Pour éviter les noyades, favorisez les contenants peu profonds. Pour les insectes, vous pouvez même placer des cailloux ou des billes dans le fond du récipient pour leur permettre de se poser en toute sécurité.

Les oiseaux apprécieront également les bains d’eau fraiche. Si vous optez pour un contenant plus grand, pensez à le mettre en sécurité pour éviter que des chats ne profitent de cet instant de détente pour faire leur déjeuner.

D’ailleurs saviez-vous que les chats sont en partie responsable de la disparition des oiseaux ? Si vous êtes l’heureuse maîtresse ou le joyeux maître d’un matou, vous pouvez accrocher une petite clochette à son collier pour éviter ce genre de désagrément.

Créer des abris

abriter la biodiversité pour mieux la protéger

Insectes, oiseaux, rongeurs et petits animaux ont besoin d’abri pour se reproduire ou se reposer. Il existe des moyens très simples de répondre à ce besoin primaire. Commencez par cesser de tondre dans une partie de votre jardin. A la maison, cela correspond à une bonne partie du terrain. Nous tondons simplement les chemins. Ainsi, les petits animaux n’ont que de petits passages à traverser à découvert. Vous pouvez aussi créer des tas de bois ou carrément des haies sèches pour créer d’autres types d’habitat. Les tas de feuilles mortes sont également très appréciés à l’automne et en hiver.

Les bricoleurs pourront également construire plusieurs abris simples : des hôtels à insectes, des cabanes à hérissons, des nichoirs ou encore des abris à chauve-souris. Il existe de nombreux tutoriels sur internet et la plupart peuvent se réaliser en matériel de récup’. Si vous optez pour du matériel neuf, pensez à éviter le bois traité ou les lasures chimiques.

En bonus : protéger la biodiversité grâce aux sciences participatives

Savoir, c’est pouvoir. Parfois, pour mieux comprendre un phénomène, il faut simplement prendre le temps de l’observer. De nombreuses associations l’ont bien compris et proposent des programmes de sciences participatives.

Régulièrement, la LPO propose des week-ends de comptage des oiseaux des jardins. L’idée est de consacrer une heure de son week-end à recenser les oiseaux qui se posent dans votre jardin, sur votre balcon ou dans le parc municipal. Cette opération menée par des milliers de personnes à travers le pays offre une image précise des différentes espèces.

Proposée par le Muséum national d’histoire naturelle, Vigie-Nature fonctionne sur le même principe mais propose différents programmes adaptés aux connaissances de chacun. Les débutants pourront ainsi s’intéresser aux escargots, aux papillons ou encore aux bourdons.

J’espère vraiment que ces quelques pistes vous inspireront suffisamment pour que vous passiez à l’action. Personnellement, je suis très fière des ilots de biodiversité que Monsieur a créé dans le jardin et c’est toujours une joie de croiser un hérisson, un orvet ou un oiseau étonnant.

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9 réflexions au sujet de “5 façons de protéger la biodiversité à notre échelle”

  1. Trop bien toutes ces idées ! Je vis en appartement donc je suis beaucoup plus limité, mais le solarium accueille déjà de la lavande, et j’ai la chance d’avoir de gros rebord de fenêtre qui seront parfait pour déposer des coupelles d’eau cet été ! Merci.

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  2. C’est l’article qu’il me fallait pour les prochaines semaines !! Je suis entrain de me relaxer durant mon temps libre dans le jardin et j’ai commencé les différentes plantations !
    Je me demandais ce que je pouvais trouver comme fleur efficace et tu m’as rappelé la jacinthe. Que c’est beau en plus !

    Vu que l’abris n’est pas pour tout de suite, je vais me concentrer sur ça héhé.

    Merci !

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  3. Voilà de supers conseils! Ici, on évite les coupelles d’eau : en bord de tourbières, on a déjà suffisamment de moustiques! J’ai peur d’en attirer encore plus en mettant de l’eau stagnante dans le jardin! Par contre on a un hôtel à insectes et nous sommes inscrits sur Spipoll (identification et comptage des insectes pollinisateurs). Pour le jardin, c’est la guerre avec mon homme! Lui, il ne veut pas une seule herbe dans le potager et la pelouse ne soit pas dépasser quelques centimètres de hauteurs, quand moi j’aimerais plus de « fouillis » de l’herbe haute, un jardin moins nickel…j’ai du mal à le changer! lol!

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      • Ici, comme Obou, j’aurais du mal à convaincre mon mari de ne pas tondre, mais j’ai réussi à avoir une jachère fleurie (à voir si j’arrive à négocier une augmentation de surface ) et on a quelques îlots de massifs fleurie (avec de la lavande et des dahlia, ouf) et les bords du jardin reste « sauvage »
        On jardine au naturel et est-ce que les cupules de fleurs en pot compte comme des points d’eau 😅.

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