Wangari Muta Maathai, la femme qui plantait des arbres

Wangari Muta Maathai fait partie de ces héroïnes méconnues. Celle qui a contribué à replanter des millions d’arbres méritait d’être (re)mise en valeur.

L’année dernière, j’avais participé à un carnaval d’articles sur les femmes oubliées et j’avais choisi de parler de Rachel Carson. Les recherches menées et vos retours enthousiastes m’avaient tellement plu que j’avais décidé d’en faire ma tradition du 8 mars, journée internationale pour les droits des femmes.

Cette année, j’ai mis un peu de temps à trouver ma femme inspirante mais pourtant méconnue. Et c’est en regardant du côté des prix Nobel que j’ai découvert Wangari Muta Maathai. Portrait.

D’une enfance à la campagne au doctorat de sciences

Wangari naît le 1er avril 1940 à Ihithe au centre du Kenya, au sein d’une réserve indigène créée par les Britanniques. Elle est la troisième d’une fratrie de 6 enfants. Ses parents, appartenant à l’ethnie majoritaire des kikuyus, vivent de la terre et transmettent des valeurs simples à leurs familles : sens de la justice et du travail, respect de la nature, de l’eau et de la terre.

Grâce à la volonté de sa mère, elle commence l’école à 8 ans et enchaîne ensuite avec un pensionnat catholique puis un lycée pour filles. A la sortie des études, deux métiers vus comme féminins s’offrent à elle : institutrice ou infirmière. N’étant attiré ni par l’un, ni par l’autre, elle saisit l’opportunité d’une bourse pour intégrer une université américaine pour y étudier la biologique d’abord au Kansas puis en Pennsylvanie. Elle retourne brièvement à Nairobi en 1966 avant de repartir étudier à Munich en Allemagne. Après des années d’étude, elle obtient le titre de docteur ès sciences.

Elle se marie, en 1969, à Mwangi Mathai, un homme politique avec qui elle aura trois enfants. Le divorce sera prononcé 10 ans plus tard. En 1976, elle devient la première femme à accéder au poste de directrice du département d’anatomie vétérinaire de l’Université de Nairobi et, un an plus tard, au poste de professeure associée.

Le mouvement de la ceinture verte

Green Belt Movement Wangari muta maathai

Wangari Muta Maathai fonde Green Belt Movement en 1977 après avoir constaté que la déforestation était responsable de nombreux maux dans son pays. L’idée fondatrice de l’association est simple : reboiser massivement le pays.

L’idée, partie de mes racines, s’est nourrie d’autres sources de connaissance et d’action dont la confluence a pris des proportions qui ont dépassé mes plus folles espérances.

Wangari Muta Maathai

Le projet commence d’abord à l’échelle communautaire puis prend rapidement de l’ampleur. Wangari tient à associer les femmes des villages concernés puisqu’elles sont les premières concernées par les tâches de ramassage du bois pour le foyer et les animaux. Ce sont également les premières touchées par les conséquences de la déforestation comme la sécheresse.

De véritables ceintures d’arbres ont ainsi été planté dans tous le pays. On estime aujourd’hui que Green Belt Mouvement a permis la plantation de plus de 30 millions d’arbres.

L’engagement politique

Militante écologiste, Wangari Muta Maathai s’implique en politique pour la défense des arbres mais aussi par sens de la justice. Elle s’oppose par exemple à la construction d’une maison de l’ancien président Arap Moi qui aurait eu pour conséquence l’abattage d’arbres sur plusieurs hectares.

Partisane de la non-violence et des manifestations populaires, elle s’appuie également sur les institutions internationales notamment l’ONU. Elle créée en 2003 le parti écologiste Mazingira et est élu au parlement kenyan. Mwai Kibaki, le président fraichement élu, la nomme ministre-adjointe à l’Environnement, aux Ressources naturelles et à la faune sauvage, poste qu’elle occupera jusqu’à la fin de l’année 2005.

En 2004, elle reçoit le prix Nobel de la paix pour son approche du développement durable et son combat pour la démocratie. Elle est alors la première Africaine à recevoir cette distinction. Pour l’anecdote, sachez également qu’elle a reçu la Légion d’honneur française en 2006.

Wangari Muta Maathai décède en 2011 des suites d’un cancer.

A ma toute petite échelle, je suis contente de raconter son parcours pour qu’on soit plus nombreuses à connaitre son travail. Qui la connaissait parmi vous ?

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3 réflexions au sujet de “Wangari Muta Maathai, la femme qui plantait des arbres”

  1. J’avoue que je ne la connaissais pas, mais je suis ravie de l’avoir « rencontrée » grâce à ton article! Quelle force de caractère elle a dû déployer pour accomplir tout ça en étant femme d’une réserve africaine! Chapeau bas, Madame!

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