Depuis 20 ans, la pollution liée aux transports ne cesse d’augmenter. Aujourd’hui en France, cela représente 30% des émissions de gaz à effet de serre. Et si bateaux de croisière et avions sont régulièrement pointés du doigt, la première cause est en réalité le transport routier (70%). Alors comment impacter ces 30 % quand on est un simple particulier ?

De la même manière que le meilleur déchet, c’est celui qu’on ne produit pas, le mieux serait évidemment d’abandonner sa voiture. Plutôt facile à faire en grande agglomération où le réseau de transports en commun est largement développé mais quasi impossible quand on habite en campagne comme moi !

Alors comment faire ? Le développement du télétravail devrait contribuer à désengorger les routes et à laisser sa voiture au garage quelques jours par semaine pour les plus chanceux. Se trouver un covoiturage, de façon régulière ou non, aussi !

Il y a quelques mois, j’ai été autorisé à télétravailler sur ma fin de grossesse. Avec deux jours à la maison et deux jours de covoiturage, j’ai drastiquement diminué mon nombre de kilomètres hebdomadaires. Et puis, nous avons commencé à réfléchir à remplacer nos véhicules diesel et essence par d’autres alternatives…

Adieu vieux diesel, bonjour voiture électrique

Sur la totalité de sa durée de vie, un véhicule électrique a un impact 2 à 3 fois inférieur à un véhicule thermique. La construction du véhicule continue, en effet, de produire des gaz à effet de serre. En rejetant peu de polluant à l’usage et en étant relativement silencieux, l’électrique contribue également à améliorer la qualité de l’air et la pollution sonore, deux fléaux citadins.

La voiture de Monsieur étant un diesel de 2006, nous savions que nous pourrions bénéficier de la prime à la conversion lorsque nous aurions besoin de racheter un véhicule. Une réforme estivale plus tard, cela s’est confirmé. Nous cochions toutes les cases pour bénéficier d’une prime à la conversion de 5 000 € pour passer à l’électrique : véhicule diesel antérieur à 2011, revenu fiscal inférieur à 13 489 € par personne et trajet domicile-travail supérieur à 30km. Nous avons opté pour une voiture d’occasion car notre budget ne nous permet pas nécessairement d’acheter du neuf et les leasing ne nous attirent pas. Elle nous a coûté 11 000 € bonus déduit (voiture récente avec seulement 19 000 km au compteur) donc oui cela reste cher, je suis bien d’accord

Entre hybride et électrique, nous n’avons pas hésité longtemps. J’ai, en effet, la chance d’avoir plusieurs utilisateurs de véhicules électriques autour de moi et donc plusieurs retours d’expérience. Voici ce qui nous a décidé. Une fois acheté, un véhicule électrique est bien moins coûteux au quotidien : environ 2€ aux 100km. Là où mon mari dépensait 100€ de gazoil par mois, la facture s’élèvera désormais à 24 €. Idem au niveau de l’entretien. La conduite d’une voiture électrique est basée en grande partie sur la décélaration donc l’usure des pneus et des plaquettes de freins est bien moindre. Et de nombreuses pièces de moteur thermique sont tout simplement absentes d’un moteur électrique (50 pièces en mouvement contre 600 dans un véhicule thermique). Nous continuerons, en revanche, à épargner nos 50€ par mois en cas de décès prématuré de la batterie.

Salut à toi éthanol

Maintenant que le premier véhicule du foyer s’apprête à devenir moins polluant, passons à l’autre.

Je dispose depuis quelques années d’une voiture essence avec une consommation moyenne de 7,6 litres aux 100 km. Elle me coûte actuellement 160 € par mois de E10 (du sans plomb 95 additionné d’éthanol à hauteur de 10%). Cette essence particulière, un peu moins chère, est compatible avec de nombreux véhicules. (Si vous ne l’avez jamais fait, n’hésitez pas à vous renseigner pour le votre.) J’ai donc creusé cette piste.

Le superéthanol E85 est un carburant composé d’un mélange de bioéthanol (carburant fabriqué à base de végétaux, principalement de la betterave fourragère en France) et d’essence classique. La proportion de chaque carburant dépend de la saison. En été le bioéthanol représente jusqu’à 85 % du mélange, il tombe à 65 % en hiver. Comparé au sans plomb 95, le superéthanol émet 50% de CO2 et 90% de particules fines en moins sur l’ensemble de son cycle de vie. Moins taxé, il est également très intéressant au niveau financier. De 160 € d’essence E10 par mois (2 pleins), je devrais tomber à maximum 90€ d’E85 (3 pleins). Je compte large le nombre de passages à la pompe car le passage à l’éthanol engendre une augmentation d’environ 25% de la consommation du véhicule.

Le nombre de garages proposant la transformation est assez limité mais j’ai fini par trouver quelqu’un pour me poser un boîtier éthanol en fin de semaine prochaine. Cela me coûtera 900 € homologation comprise qui seront amortis en 18 mois maximum.

Pour optimiser au mieux ces deux changements, nous avons même décidé d’échanger les voitures : à moi l’électrique avec mes 75 km quotidien et à monsieur la superéthanol. Ce qui ne m’empêchera pas de demander le télétravail à mon patron et de continuer à chercher des covoitureurs réguliers ou occasionnels, on est bien d’accord. Et de marcher ou de prendre le vélo quand je suis dans le village.

Racontez-moi ! Comment vous vous déplacer ? Est-ce que la mobilité durable est un truc qui vous parle ?

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