Calculer son empreinte écologique pour comprendre les leviers d’action

On entend parler de plus en plus souvent de calculer son empreinte écologique. S’agit-il d’un effet de mode ou d’un véritable outil de compréhension ? Et surtout quel intérêt pour un citoyen lambda ?

Après cette introduction un brin provoc’, venons-en à notre sujet du jour. Empreinte carbone, empreinte écologique, empreinte environnementale…plusieurs noms pour évoquer un vaste et complexe sujet : la pression que nous exerçons sur notre environnement à cause de notre mode de vie.

Entre surconsommation et greenwashing, notre civilisation moderne est responsable de la pire dégradation du milieu et de la biodiversité jamais recensée. Un peu par flemme, un peu par manque d’informations et de connaissances, un peu par facilité, nous mettons même en difficulté d’autres peuples du monde.

Il est facile de ne rien voir quand on détourne le regard. Calculer son empreinte écologique permet de se confronter à une réalité scientifique. Et il me semble qu’il s’agit là d’un bon outil de compréhension et d’appréhension des actions à prioriser.

C’est quoi l’empreinte écologique ?

L’empreinte écologique permet de calculer approximativement la surface terrestre nécessaire à une personne pour assurer la satisfaction de ses besoins. Elle dépend donc de vos habitudes de vie et de vos modes de consommation.

C’est en fonction de notre empreinte écologique mondiale qu’est calculé le jour du dépassement. En se basant sur une empreinte écologique moyenne, on estime aujourd’hui que nous aurions besoin d’1,7 planète Terre pour combler tous nos besoins. L’année dernière, les scientifiques ont ainsi fixé le jour du dépassement au 22 août. En 8 mois, l’humanité avait donc utilisé la totalité des ressources que la Terre est capable de produire en un an. Pire, si on se penche sur le cas particulier de la France, notre jour de dépassement a eu lieu le 7 mai 2021. En 5 mois, la totalité des ressources auraient été consommé si la Terre entière bénéficiait du même mode de vie que le nôtre.

Ca fait réfléchir non ?

Calculer son empreinte écologique personnelle

L’exercice risque de piquer aussi à l’échelle individuelle. Mais ne dit-on pas qu’il est lâche de fuir devant l’ennemi ?

Je conseille personnellement le test de footprintcalculator dont est tiré l’infographie proposée ci-dessus. Cela devrait vous prendre environ 10 minutes si vous le faites consciencieusement.

Si j’ai une préférence pour celui-ci, c’est parce qu’au delà de l’aspect individuel, il prend également en compte le poids des administrations et des services dont nous bénéficions. Il est, en effet, important de ne pas oublier que si nos choix de consommation ont un impact (le fameux « il suffirait que les gens n’achètent plus pour que ça ne se vende pas » de Coluche), le changement doit également passer par une véritable transformation des politiques publiques et industrielles.

Comment lire et comprendre son résultat ?

Vous avez fait votre test, c’est super ! Ne reste plus qu’à comprendre ce que les résultats vous racontent. Et pour cela, nous allons décortiquer les miens de résultat.

calculer son empreinte écologique

Bon vous constatez au premier abord que c’est pas glorieux, glorieux : 2,7 planètes pour moi toute seule, malgré mes nombreux efforts quotidiens. C’est un poil mieux que la moyenne française (2,9 actuellement) mais c’est quand même très loin du une planète qu’il faudrait atteindre.

Alors creuser un peu plus. Pour assurer mon niveau de vie, j’aurai besoin de 4,5 hectares de surfaces productives. Sur cette surface, 1,8 hectares seraient dédié à mon alimentation. La surface est relativement moyenne car je mange assez peu de viande mais encore beaucoup de produits laitiers et d’oeufs. L’élevage nécessite, en effet, plus d’espace que les cultures. Viennent ensuite les fameux services (0,9 hectares) et les transports (0,8 hectares). Les hectares restant se partagent entre les besoins liés à mon logement (heureusement bien rénové) et mes biens de consommation (d’où l’intérêt du défi Rien de neuf).

Côté empreinte carbone, je m’en sors un peu mieux avec mes 6 tonnes annuelles, la moyenne française étant de 11 tonnes par personne. Pour information, il faudrait encore que je divise celle-ci par trois pour atteindre un niveau tenable pour notre planète. Cela dit mon empreinte carbone représente près de la moitié de mon empreinte écologique globale.

Et maintenant qu’on comprend le résultat, on fait quoi ?

Quels leviers actionner ?

Le site donne de nombreuses pistes à la fin du test. Globalement, on retrouve 5 leviers majeurs :

L’énergie y compris celle nécessaire au transport

Nous vivons dans une société d’énergie. Elle nous éclaire, nous chauffe, nous transporte, nous facilite le quotidien… Il est temps de réfléchir à la façon de la produire et d’opter pour des sources de production renouvelables sur des temps courts. Mais il est également temps de s’interroger sur l’utilisation qui en est faite et sur la façon de réduire notre consommation.

L’alimentation

Nos choix alimentaires ont de multiples impacts : usage de la terre, production de déchets plus ou moins importantes, type d’agriculture. L’alimentation est un levier majeur de notre empreinte mondiale. Tendre vers une alimentation bio et végétale permettrait à chaque être humain de bénéficier des mêmes ressources que son voisin.

La protection des éco-systèmes et de la biodiversité

Il est essentiel aujourd’hui de prendre soin de la planète qui nous accueille. Car si elle est capable de se remettre de notre disparition, l’inverse n’est pas vrai. Peut-être vous rappelez-vous du fameux « notre maison brûle et nous regardons ailleurs »…Il est temps de donner du sens à ces mots non ?

La nécessité de ralentir la croissance démographique

Il est un fait irréfutable : la Terre a des limites. Ralentir la croissance démographique en soutenant le droit des femmes à l’éducation et au planning familial permet par rebond d’assurer un juste partage des ressources disponibles.

La mise en place de politiques de développement durable

Là encore ce point dépend assez peu de l’échelle individuelle. Pourtant, notre droit de vote et nos droits de citoyens nous donnent tout pouvoir pour prendre à parti nos élus et les encourager à se lancer dans d’ambitieuses politiques de développement durable.

On aurait aussi pu parler de déchets, d’argent, de logement…Le programme à mettre en place est vaste et touche à toutes les dimensions de notre quotidien. Pourtant, il faudra bien s’y atteler. Petits pas après petits pas, vous inspirez des personnes qui en inspireront d’autres à leur tour et ainsi de suite. Je sais combien cela peut paraitre décourageant parfois. Mais pensez à l’enfant qui s’élance pour marcher. Combien de fois chutera-t-il avant d’y parvenir ? Pourtant, on n’en a jamais vu un seul abandonner pas vrai ?

N’hésitez pas à partager vos résultats en commentaires et les pistes que vous comptez explorer dans les prochains mois. Pour ma part, je suis en train de végétaliser mon alimentation. Je vous en parlerai probablement bientôt…

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2 réflexions au sujet de “Calculer son empreinte écologique pour comprendre les leviers d’action”

  1. Même résultat que toi … -_-‘
    Personnellement, une des choses qui m’embête dans ce genre de test, c’est qu’il y a forcément des biais :
    – on ne me demande pas l’âge de ma maison par exemple, alors certe, elle est moins passive qu’une construction d’architecte contemporaine, mais je me suis donner du mal pour l’améliorer et rénover permet de réduire la pression urbaine …
    – j’ai une « mauvaise note » en transport en commun … parce qu’il n’y en a pas chez moi (et là, je te rejoint sur la nécessité de politique commune ambitieuse …

    Lors de ma réunion Plan Climat Énergie, j’ai appris comme dans ton article, qu’il faudrait réussir à descendre à 2Teq CO2, mais que 10km de voiture quotidiennement représente déjà 1TeqCO2 (qui à la campagne peut faire moins de 10km quotidiennement?), manger 440 repas carné dans l’année (une année = 730 repas, petit déjeuné non compris) idem, …
    J’espère quand même qu’on arrivera à faire bouger les lignes pour atteindre cet idéal

    Répondre
    • oh la la je te répond hyper tard, je suis désolée…
      Effectivement, ça reste un test très basique qui permet de se faire une idée. C’est la famille Zéro déchet (que je dois t’envoyer d’ailleurs, pardon!) a écrit un deuxième livre : Famille en transition écologique. Pour le coup, eux ont bénéficié d’un examen très poussé de leur empreinte carbone et c’est hyper intéressant.

      Répondre

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